Steve au pays du sommeil vermeil 2/7

Publié le par Aplapsie

Amrdi 31 Tembresep

La rue est bondée en ce jour de la Saintetine Barbieken, je me promène à reculons comme tous les passants qui ne font que passer dans la rue à pavés. Ceux-ci hargneux se soulèvent comme des cartes et arrachent les talons-hauts des femmes équilibristes s'entrainant contre les rigoles.

Le ciel est nappé orangé et bleu, la température est toujours aussi caniculo-frigide, les nuages

s'effilochent langoureusement jusqu'à éclater dans l'air, laissant tomber sur terre des poussières

de poulpes.

Mon pantalon saphir cache ma jambe gauche afin de la protéger des morceaux de poulpes qui jonchent sur le sol. Ma jambe droite est nue et éclaboussée de pourpre qui s'agglutine sur celle-ci afin d'en faire une jambe de cire. La sensation est amusante et je ne peux m'empêcher de sourire jusque aux yeux.

La nuit vient de tomber rapidement, faisant sortir de terre des réverbères rouillés et éclairé par des hommes torches ayant étés dans leurs passés des pompiers volontaires pyromanes. Ceux-ci se mettent à chanter une chanson mi-figue mi-raisin provoquant l'hilarité de toute personne passant devant eux. *

Mon pas gauche se tourne vers la première ruelle large droite, puis mon pas droit prend la

deuxième ruelle courte gauche, mes deux pieds prennent la troisième ruelle arrière et pour arriver

devant la grande porte invisible en forme de pique. Je passe mes mains, ma tête, mon corps, mes

jambes et mes pieds.

Elles sont toutes là, dans les étagères à bascule pourries qui jouent un bruit d'accordéon silencieux. Les flacons sont de toutes les formes, de toutes les couleurs et de toutes les odeurs, je les regarde. La fiole de songe périmé nocturne m'allume, elle m'indiffère. Les carillons de l'oubli me font frémir mais je n'en veux pas. Le nuage des illusions m'effraie.

Au bout d'une décennie centenaire, mes mains prennent la fiole des vapeurs chimériques; la femme aux jambes robot me conduit dans une arrière salle ou flottent des senteurs prenante faisant rougir mes yeux. Dans les alcôves, un tas de quidams dormant à pleine profusion.


Je me suis installé, les jambes collées au mur gauche, ma jambe cire se met à couler, je vide la fiole, un nuage vert me fonce dessus. Je…
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