Ici et là vois-tu au loin tes mots bleus à l'arrière gout amer.
Ce qui reste et ce qui part dans les tourbillons amers.
Ce qui part et ce qui reste dans les cotillons sucrés.
Sur le firmament des brumes, je ne peux voir l'affreux précipice des soliloques s'engouffrant dans l'horrible crevasse des joyaux dissous en petits flacons bleutés. Virevoltant à travers les écumes rocheuses où se ressoudent les vagues solitaires à la prochaine marée montante. Tu m'écriras à l'encre de tes mots bleus, un ensemble incompréhensible de lettres dans des bouteilles jetées à la mer. Quand la marée partira des roches sableuses, emportant dans la mer volcanique les bouteilles inconscientes. Il ne me restera qu’un souvenir vaporeux de toi suintant de la conscience universelle amnésique. La brume acide envahira le ciel, le les oiseaux et le reste. La brume deviendra un brouillard dense et malhonnête dans lequel, je te perdrai pour l’éternité silencieuse. Tout se dissipera avec le temps autant pourant, la grande horloge continuera de tourner dans tous les sens giratoires possibles. Finissant un jour par explosant totalement et tombant à son tour dans la jetée des vagues colorée de l’encre de tes mots bleus.
Au loin, dans la profondeur de l'eau.
Gisent les bouteilles.
Noyées par les souvenirs.
Ainsi soit-il.