Rentrée des classes sous l'acide des murs.

Publié le par Steve

C’est la rentrée dans la cours de récréation déglinguée à la cité sans cœur des lilas. Dans la cour explosée, les dix uniques enfants courent en lançant des ballons contre l’imposant bâtiment qui crache des briques de lave en plein milieu des troncs d’arbres morts. Des trombes d’eau sortent des deux uniques fenêtres du premier étage. Au ré de chaussée les lierres mangent le restant d’un vieux jardinier à la retraite depuis des lustres. Le corps professoral sort part la grande porte à trous. Monsieur Monsieur, directeur à la longue barbe ventouse acide avec ses yeux toupies qui tournent dans tous les sens. Madame Pikito, rigide comme une baguette sous son chignon bourré de talc tombant sur ses vêtements troués et s’effilochant jusqu’à ses genoux gonflés de crevasses et varices. Monsieur Tics professeur de gymnastique articulaire aux bras explosés tambourine de ses pieds durcit en marbre faisant ainsi trembler la cloche tirée par Mademoiselle Silence, sourde, muette, aveugle mais terriblement contente de donner cours de par ses notes parfumées au café crème au vieux bistrot du coin.

 

Dans la cours, Tifi, la fille bicéphale compte ses bonbons invisibles tandis que Frank, l’enfant obèse englouti un saumon entier vivant qui ne fait que chanter le dernière tube du coin. Zydy l’enfant sadique, se plante une multitude de clous dans le corps avant de s’élancer cœur premier contre le grillage pointu sous le regarde de Ladilada, la jeune fille sage qui ne daigne pas regarder ce qui se passe à cause de sa robe froufrou campagne rose qui tombe jusqu’à ses genoux. Tinmar chante un air outrageux devant la porte des toilettes avant de se mettre à vomir son déjeuner dans la flaque d’eau acide qui ronge depuis des lustres la cour. Jackson et Simba se battent à coups de brique, rigolant de leurs mâchoires sans dent faisant ainsi le bonheur du surveillant qui leur plante dans les yeux, un coup de cutter rouillé. Perséphone lalalie à chaque minute qui passe finissant ainsi par faire défenestrer le onzième élève doubleur qui rebondit violemment du sol avant d’aller percuter Alizée et Nelson, les vrais faux faux vrai faux vrai vrai jumeaux nés un jour de pleine lune à 05 :55 sous la morgue de la cité.

 

La cloché criarde se met à hurler indiquant ainsi qu’il est l’heure d’entrer en classe.

Les onze enfants se mettent en rang, rigolant ainsi de leur futur avenir heureux.

Bruit de la porte se fermant comme l’enfer carcéral sous les rires sardoniques.

C’est la rentrée dans l’école de la Douce Pustule de Marie Lanelaine. Premier jour.

 

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