Appartement 7A.
Il n’a peur de rien ni des crochets rouillés pointus qui brisent les murs ni des corps cousus enchevêtrés au plafond. Lentement mais surement, il prend un haltère et se met à muscler son bras bronzé ayant cuit trop fort non loin de la fenêtre. Dans la pièce rangée méticuleusement de statues de torture et de diverses photos arrachées, l’homme blond mystérieux continue ses exercices physiques intenses. Les bruits de machines usées hurlent sauvagement quand la musique de la dix-huitième choucroute de Bobard se termine dans le lecteur. Ses gouttes de transpiration forment une flaque suintante dans laquelle se reflète, son fauteuil en cuir ultra chic. Il n’a aucun sentiment ni amour ni rien de la haine et que de la haine. Son dégout et son mépris sont de tels que ses voisins peuvent parfois le voir tard le soir suspendre des délinquants à des balançoires rectangulaires. Ses cheveux blonds hirsutes tranchent avec ses yeux noirs sans pupille. Ses voisins en ont peur, parfois on peut les entendre aboyer de peur quand il passe le hall d’entrée laissé à l’abandon par le fils de la concierge qui est parti vendre des tuyaux d’arrosage dans des champs inondés. Pour lui il est l’heure de sortir, il est 21:00 et dehors, c’est la nuit… Il ferme délicatement sa porte d’entrée qui souhaite la bonne soirée, sans pitié, il assène à celle-ci des coups de poing d’une violence que la porte se met à saigner. Il part. Dans l’immeuble les voisins se mettent à aboyer à leur fenêtre. Quand il arrive au bar de Jerk, les néons flamboyants se mettent à s’enflammer provoquant au premier étage du bar une formidable fumée provoquant une hilarité générale. Les gens rient de bon cœur à l’intérieur. Les cafés fument de la vapeur humide à la douce odeur pomme-noisette.
Dans le bar des femmes couguars griffent des jeunes corps imberbes à la peau de soie. Des hommes de luxe se droguent en sniffant la douce odeur amère de leur chéquier. Une des filles s’approche de lui et lui demande de ses dents jaunes et pourries si il veut du plaisir. Elle tombe quelques secondes plus tard sur les vieux débris de verre laissés pour compte. Le jeune serveur puceau en profite pour la doigter avant de hurler quand le vagin lui brise ses deux doigts. L’homme blond sourit, il s’approche du vieux banc où boivent des vieux hommes porcs suintant de l’accumulation de toxines capillaires. Les gens continuent à rire de bon cœur à l’intérieur. D’un geste sec, il attrape le pif de l’un des hommes et le mord avec patiente et dévotion sous le regard neutre des autres hommes qui en profitent pour se faire une dernière rasade de café. Il traine l’homme dehors dans la vieille ruelle brumeuse ou les chats en profitent pour sauter sur tous les couvercles des poubelles. Sur le mur la vieille échelle de secours à sorti ses dents de rouille en forme de crochet. Une odeur de pisse de chats, de chiens et d'humain suintent des murs humides transpirant. A l’intérieur du bar, les gens continuent encore de rire de bon cœur. La serveuse à repris son service de commandes et le serveur se panse de douceur ses deux doigts invalides. Craquement de la boite crânienne de l’homme porc qui se met à tanguer dans tous les sens quand l’échelle de secours se met à monter et puis à descendre pendant plusieurs minutes faisant gicler une substance brune un peu partout. L’homme blond est heureux et souriant, il peut rentrer chez lui. A l’intérieur du bâtiment les voisins ont cessé d’aboyer, il rentre et claque la porte. Le bruit de la télévision se met à chanter à tue-tête un générique de journal de vingt-trois heures. La voie tranchante et apeurée de la présentatrice indique qu’une nouvelle fois un crime odieux eut lieu à la cité sans cœur de lilas. Assis dans son fauteuil, il regarde la photo de l’homme porc coupable de fraudes brûler sous les flamachettes. Sur le plateau de la balance en étain, il ne reste plus que trois photos… Il sourit… Ses muscles se gonflent de bravoure et de fierté. Il ouvre la porte rouillée de son frigo et ouvre une canette tout en regardant les gyrophares multicolores éclairer le ciel étoilés. Le crime ne reste pas pour lui impuni. Quelqu’un frappe à sa porte, il ne répond pas, il continue de sourire. La télévision s’éteint à minuit pile sous les flots de la personne qui attachée au plafond gesticule sous les chaines bourrées explosifs frelatés et périmés.