L’équilibriste mange t’il le cœur des goélands ?
Une route macadamisée humide et débordante de monotonie. Le vieux phare obtus éclaire la mer de ses vagues mugissantes. La vielle voiture rouge vif s’encastre dans les rochers sauvages. Un couple d’amoureux secrets se perd dans les roseaux mirages. Dommage, ceux-ci n’avaient rien de sauvages depuis un clivage. L’équilibriste sur le rebord de la falaise chasse les goélands blancs. En pleine mer, le navire des marchandises sombre pour de bon. Futs, barils, et autres contenants flottent en ronde enfantine. Un vieux goéland fatigué des ailes se fait attraper par l’équilibriste. Son cœur est-il encore bon ? A quoi bon le savoir ? Il bat mais. En bas, la boutique des souvenirs maritimes laisse s’envoler. Un tas de cartes de bienvenue qui tournent sur elles-mêmes. Des seaux plastiques se trainent douloureusement sur les trottoirs. Le crépuscule tombe à nouveau sur le paysage bucolique au loin. Il est l’heure de rentrer à l’hôtel de la houille, le vent se lève. L’odeur d’iode et des algues se fait enivrantes d’hallucinations. C’est le début de la pleine saison. Et les goélands continuent.