Regarde au plus profond de mon décolleté et tu pourras mieux t'épancher !

Publié le par Steve

 

C’est la nuit sur la ville brulante et underground.

La lumière de l’artifice est encore éclairée au quatrième étage.

La baie vitrée sur la balcon bouge au-delà des mouvements agités.

L’ascenseur monte et descend sans cesse de sa cage torturée.

Les boutons clignotent de leurs appels fortuits et taciturnes.

Son essoufflement déprime sur la ligne du trajet 71, départ.

Le tram solitaire et usé de rouille crisse pour la dernière fois

Son déraillement laisse indifférent la ville éclairée de bronze.

En bas, c’est la jungle. 02 :41 du matin. Et c’est toujours pareil.

Les gens fatigués sortent du bus, les bras pendant et blancs.

Tout en  marchant comme des automates déréglés avant hier.

La sirène retentit, le mort est arrivé à son terminus las volta.

Il est temps de descendre au café de nuit.

Le silence reposant de la couleur noire flotte dans l’air vide.

Les marches dégringolent les unes après les autres.

La sortie m’éjecte d’une force féroce.

Et bak. Dehors sous la voute céleste.

Le dernière train Orlovka angoisse sur le quai 27, arrivée.

Les étoiles dansent heureuses de leur devanture.

En face sous le trottoir craquant laissant couler de la lave éteinte.

L’appel du tourment de l’intrusion fait palpiter mon cœur.

La porte s’ouvre avec un grand fracas.

Les pauvres âmes ne se soucient guère de la vie discontinue.

Et puis la voix robotique du serveur se met à parler.

La lampe centrale explose en plein milieu de la pièce.

Les ombres sont à nouveaux omniprésentes.

Les météorites se mettent à tomber de toute part.

Il me dit hagard et je n’entends rien.

Mon oreille gauche se bouche d’angoisse mystique.

Un café !

Avec deux sucres ?

Non avec deux clopes !

La machine à vapeur crache son lait floconneux.

La tasse se renverse sur le comptoir ciré à outrance.

Je m’abaisse pour tout ramasser.

Les tables se mettent à tanguer.

Les vetements plient sous le poids du vent inexistant.

La flaque noirâtre passe sous le tabouret et se dissout.

Et toi là, exorbité.

Regarde au plus profond de mon décolleté et tu pourras mieux t'épancher !

La nuit continue de plus belle.

Dans le café des torturés.

Plus aucun bruit.

L’enfermement est là.

Tout est terminé.

L’éveil de la nuit.

Peut enfin commencer.

Silence.

Publicité

Publié dans Cheval dada

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article